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9 mars 2016

La berbérine, nouvelle arme naturelle contre le diabète de type 2 ?


C'est en lisant le numéro 13 du magazine Diabète Mag, que je me suis intéressé à comprendre ce que pouvait apporter la berbérine pour nous diabétique de type 2. Bien que je croie que la médecine traditionnelle a permis de faire des grands pas pour la santé des diabétiques, je suis aussi convaincu, qu'il ne faut pas mettre de côté, la connaissance des médecines avec une tradition ancestrale, telles que les médecines chinoises et ayurvédiques.

Berbérine, Epine-vinette (Berberis vulgaris)


Les médecines chinoises et ayurvédiques utilisent des plantes qui nous sont peu connues, telle que l’épine-vinette ou berberis vulgaris (Figure 1). Cette plante contient un alcaloïde puissant : la berbérine. Elle est employée depuis plus de 2.500 ans pour ses propriétés immuno-stimulantes, antifongiques, antibactériennes et régulatrice des troubles intestinaux. Les chercheurs s'intéressent maintenant à cette plante pour ses effets sur les maladies telles que le diabète de type 2, les états pré-diabétiques et cardiovasculaires.


Berberine, epine-vinette
Figure 1 : épine-vinette ou berbérine

Mécanisme d'action de la berbérine


La berbérine permet de réguler l’AMPK (Activated Protein kinase), une enzyme qui agit sur le métabolisme énergétique avec un effet coupe-faim :
  • Elle améliore la sensibilité à l’insuline et facilite le transport du glucose dans les cellules ; 
  • Elle réduit la quantité de lipides dans le sang, tels que les triglycérides et le LDL-cholestérol.

La berbérine offre les mêmes propriétés que la molécule de Metformine, sans avoir les mêmes effets indésirables (diarrhée). On note toutefois des effets indésirables gastro-intestinaux transitoires avec l’usage de la berbérine assez fréquents liés à son action antimicrobienne.


Quelques résultats cliniques pour le diabète de type 2

  • C'est en 1988 que la berbérine montre un effet hypoglycémiant alors qu'elle est utilisée pour traiter la diarrhée chez des patients diabétiques. Depuis, cette plante est utilisée comme agent hypoglycémiant par de nombreux médecins chinois.
  • Des études montrent l’efficacité de la berbérine par rapport à la Metformine. Des diabétiques  nouvellement diagnostiqués ont pris soit un traitement par la berbérine soit de la metformine (500 mg 3 fois / jour) pendant 3 mois. L’effet hypoglycémiant de la berbérine a été similaire à celle de la Metformine : L'hémoglobine glyquée (HbA1c) est passée de 9,5% à 7,5%.
  • Une autre étude a comparé l'effet de la berbérine (1 g par jour) à un placebo pendant 3 mois. Le groupe ayant reçu la berbérine a vu son hémoglobine glyquée passer de 7,5% à 6,6%.

En conclusion, la berbérine est un agent hypoglycémiant oral puissant qui peut remplacer la Metformine dans le traitement du diabète de type 2.


Références

  • Viollet B, Mounier R, J Leclerc, Yazigi A, Foretz M, Andreelli F. ciblage AMP-activated protein kinase comme une nouvelle approche thérapeutique pour le traitement de troubles métaboliques. Diabetes Metab, décembre 2007. 
  • Zhang H, J Wei, Xue R, et al. La berbérine abaisse la glycémie chez les patients diabétiques de type II en augmentant l’expression du récepteur de l’insuline. Métabolisme. février 2009. 
  • Steriti R. Berbérine pour diabète sucré de type II. Natural Medicine Journal Octobre 2010. 
  • Ikarashi N, Tajima M, Suzuki K, Toda T, Ito K, W Ochiai, Sugiyama K. inhibition de Préadipocytes Différenciation et l’accumulation de lipides par traitement Orengedokuto 2011. 
  • Yin J, Xing H, Ye J. Efficacy of Berberine in Patients with Type II Diabetes. Metabolism: clinical and experimental 2008.

Et sur moi, quels sont les effets de la berbérine ?


Suite à cette lecture, je me suis dit "et sur moi, quel sont les effets de la berbérine" ? En tant que scientifique, j'ai joué les cobayes.

flacon de 500 mg de berbérine SuperSmart
Figure 2 : flacon de berbérine
Mais pour pouvoir commencer le test, il faut se procurer de la berbérine. Avec toutes les alertes qu'on entend sur les contrefaçons de médicaments ou de suppléments alimentaires achetés par internet, j'ai commencé à lire les forums afin de trouver un vendeur qui semblait avoir une bonne réputation. J'ai acheté 3 flacons de 500 mg de berbérine (Figure 2) chez SuperSmart. Ils proposent sur leur site un certificat d'analyse.

Je commence donc le test : je remplace mon comprimé journalier de Metformine 1000 mg par 2 comprimés de berbérine 500 mg, et cela pendant 3 mois. Je n'ai eu aucun effet indésirable suite à l'absorption de ces comprimés. Le verdict tombe : mon HbA1c est passé de 5.7% à 6.1% soit une augmentation de 0.4%.

En conclusion


Dans mon cas, le remplacement de la Metformine 1000 mg (1 comprimé par jour) par 2 comprimés de berbérine 500 mg (SuperSmart) pendant 3 mois a fait augmenter mon HbA1c de 0.4%. Mon test est loin d'être un test clinique, et j'aimerais faire quelques commentaires sur ces résultats :

  • Il est toujours difficile de comparer des résultats séquentiels ; peut-être que si j'avais utilisé la Metformine pendant ces 3 derniers mois, j'aurai eu un niveau aussi élevé lié à mon hygiène de vie du moment (fête de Noël, …). Je vais donc recommencer à prendre mes comprimés de Metformine pendant 3 mois et voir ce qui va se passer. Le niveau va-t-il diminuer, rester stable ou continuer à augmenter ? Je pourrais tirer une conclusion suite à cette période.
  • Les comprimés que j'ai acheté étaient-ils réellement de la berbérine ? un doute peut toujours subsister. J'ai hâte de pouvoir disposer de mon capteur SCIO. En connaissant le signal de la berbérine, je pourrais vérifier que mes comprimés sont réellement constitués de berbérine.
  • Toutes les études cliniques ont été faites avec des diabétiques ayant une HbA1c supérieures à 7% alors que la mienne est autour de 6%. Peut-être que la berbérine agit moins bien lorsque l'hémoglobine glyquée est faible ?
  • Enfin, en relisant les tests cliniques, les patients ont tous pris la berbérine avant leur repas. Dans mon cas, je les prenais pendant ou après les repas (lorsque j'oubliais). Peut-être que cette différence contribue au résultat un peu décevant de cette molécule.

14 févr. 2016

Transformation du glucose - Homéostasie glucidique

Pour mieux comprendre le diabète, je vais m'arrêter un instant sur la manière dont le glucose est transformé, stocké et utilisé par notre organisme. 

Le glucose est une molécule essentielle pour le fonctionnement des cellules ; elle est la principale source d'énergie. Elle est fournie par l'alimentation. La concentration de glucose dans le sang, chez une personne en bonne santé, est toujours comprise entre 0.8 et 1.2 g/L dans le plasma sanguin. C’est ce qu’on appelle une constante physiologique.

Schéma de l'appareil digestif, foie et pancréas
Figure 1: Schéma de l'appareil digestif (foie & pancréas)

Le rôle du foie dans le métabolisme du glucose



Après un repas, le glucose passé dans le sang au niveau de l'estomac est en excès dans les vaisseaux sanguins au niveau de l'intestin, et va être prélevé par le foie et transformé en glycogène ou en triglycérides grâce à des enzymes. Au maximum, le foie contient 100 g de glycogène. D’autres tissus peuvent aussi faire des réserves de glucose.

  • Le foie stocke le glucose sous forme de glycogène,
  • Les tissus musculaires stockent le glucose sous forme de glycogène, 
  • Les tissus adipeux (graisse) stockent le glucose sous forme de triglycérides.

Entre les repas lorsque la glycémie diminue, et pour maintenir le niveau de glucose constant dans le sang :

  • Le foie hydrolyse peu à peu ses réserves de glycogène pour les transformer en glucose, et libère du glucose dans le sang qui va faire remonter la glycémie. 
  • Les muscles hydrolysent peu à peu le glycogène en glucose, mais ne libère pas le glucose dans le sans. Le glucose est directement utilisé par le muscle pour son usage propre, ce qui permet d’économiser le glucose du sang.
  • Les tissus adipeux transforment les triglycérides en acides gras (ils ne peuvent plus transformer les triglycérides en glucose); ces acides gras sont directement utilisés par certains organes, comme le cœur ou les reins, ce qui permet d’économiser le glucose pour le cerveau.

Bilan : Seul le foie est capable de sécréter du glucose dans le sang.

Le rôle du pancréas dans le métabolisme du glucose


Bien que le pancréas ne stocke ni ne libère de glucose dans le sang, puisque c'est le foie qui a cette fonction, l'absence de pancréas ne permet plus de réguler la glycémie. Le pancréas va donc réguler la quantité de glucose dans le sang grâce à des messages chimiques envoyés au foie par deux types de cellules présentent dans les îlots de Langerhans :

  • les cellules β, qui sont en centre des îlots de Langerhans, sont directement sensibles à la glycémie. Ces cellules sécrètent l’insuline : plus la glycémie augmente, plus la libération d’insuline augmente. De façon générale, l'insuline favorise le stockage du glucose (dans le foie, les muscles et les cellules adipeuses) et favorise son utilisation. Elle fait donc baisser le taux de glucose dans le sang. L'insuline fait donc baisser la glycémie : C'est la seule hormone hypoglycémiante que l’organisme possède.
  • Les cellules α, qui sont situées à la périphérie des îlots de Langerhanss, sont aussi des capteurs de la glycémie. Ces cellules sécrètent du glucagon qui ne se fixe que sur les cellules du foie. Plus la glycémie baisse, plus la libération de glucagon augmente. C'est une hormone hyperglycémiante. Le glucagon agit en stimulant la glycogénolyse en augmentation la libération du glucose dans le sang.

En conclusion


L'homéostasie glucidique, capacité que peut avoir l'organisme à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit de contraintes extérieures, est un processus nécessitant :

  • le stockage et la libération de glucose dans le sang
  • le fonctionnement de deux organes principaux : le foie et le pancréas
  • la présence de deux hormones antagonistes : l'insuline et le glucagon

Cette régulation peut être modélisée par la figure 2, ci-dessous.

Figure 2 : Mécanisme de régulation du glucose par l'organisme




3 févr. 2016

Une tartelette à la pomme cannelle au petit-déjeuner

Mon épouse nous a préparés de très bonnes tartelettes à la pomme et à la cannelle faites maison (Figure 1) sans ajout de sucre. Vu la quantité de calories que j'absorbe le matin (autour de 100 calories), je me suis dit que je pouvais raisonnablement rajouter une tartelette à mon petit-déjeuner.


tartelette pour 1 personne à la pomme et à la cannelle
Figure 1 : tartelette pour 1 personne à la pomme et à la cannelle

J'ai donc décidé de déguster 2 de ces tartelettes à différents moments de la journée, par gourmandise plus que par expérience.

Comparatifs des petits-déjeuners

Le mardi 2 février, je prends mon petit-déjeuner vers 8h15, avec une tisane, une tranche de saumon d'Alaska et un yaourt au soja. Je rajoute une tartelette à la pomme et à la cannelle.

Le mercredi 3 février, je prends mon petit-déjeuner vers 8h, avec une tisane, une tranche de jambon blanc sans couenne et un yaourt au soja. Je rajoute une tartelette à la pomme et à la cannelle que je ne prends que 1h après, vers 9h15. J'ai donc pris un petit-déjeuner de manière "fragmentée" en commençant par un repas plutôt protéiné. Cela se rapproche assez de l'expérience menée par une équipe anglaise sur la glycémie postprandiale.

Résultats de la glycémie

Sur la Figure 2, nous observons une augmentation rapide de la glycémie. Avant le petit-déjeuner, ma glycémie est de 123 mg/dL. Après 1h, le pic maximum se situe à 212 mg/dL vers 9h15. Cette augmentation de glycémie est due à la fois à l'absorption du petit-déjeuner avec le saumon et de la tartelette. De par mon expérience, le petit-déjeuner traditionnel à lui seul, fait augmenter ma glycémie de l'ordre de 30 mg/dL. La tartelette a donc une incidence proche de 90 mg/dL.

Sur la Figure 3, nous observons une incidence très faible du petit-déjeuner. Avant le petit-déjeuner, ma glycémie est de 126 mg/dL. Après 1h, ma glycémie se situe à 130 mg/dL. Comme je l'avais déjà montré, l'incidence du petit-déjeuner avec du jambon conduit à une une augmentation quasi-nulle de ma glycémie. Ces résultats confirment donc ceux déjà observés précédemment.
On observe ensuite une remontée très légère de ma glycémie vers 10h15 (1h après avoir mangé ma tartelette), avec une valeur glycémique de 144 mg/dL. La tartelette a donc une incidence proche de 15 mg/dL dans ces conditions. 


Figure 2 : Courbe de glycémie lors d'un petit déjeuner avec une tartelette prise pendant
Figure 3 : Courbe de glycémie lors d'un petit déjeuner avec une tartelette prise après

Conclusion

Ces suivis glycémiques vont dans le même sens que ceux présentés par l'équipe anglaise  montrant que la prise d'un casse-croute fortement protéiné avant le petit-déjeuner diminue la glycémie postprandiale après celui-ci.

Une tartelette à la pomme et à la cannelle prise en même temps que le petit-déjeuner conduit à une augmentation de ma glycémie de l'ordre de 90 mg/dL, alors que cette même tartelette prise 1h après le petit-déjeuner, a une incidence seulement de 15 mg/dL sur ma glycémie postprandiale.

Si je veux conserver un taux de glucose correct, il semble donc intéressant de manger des aliments moyennement sucrés 1h après mon petit-déjeuner protéiné.

31 janv. 2016

Mes petits-déjeuners avec yaourt au soja et poisson

Mon nouveau petit-déjeuner


Comme je le disais dans un de mes posts précédents je suis un adepte des petits-déjeuner, et bien que je voie ma glycémie augmenter de plus de 0.8 g/L le matin, j'ai besoin d'énergie pour bien commencer la journée : Cela m'évite aussi de manger n'importe quoi vers 10h de bien moins équilibré (croissant, ...). Depuis, que j'ai vu le niveau de glucose atteint après mon petit déjeuner, et quelques articles lus dans Diabète Mag j'ai donc décidé de transformer celui ci.

Adieu le lait, le pain et le beurre au profit d'autres aliments moins riche en glucides. Je me suis donc tourné tout naturellement vers des ingrédients salés et plus protéinés : ci-dessous un exemple de petit-déjeuner que je prends presque tous les matins (Figure 1) ; 

  • 30g environ de saumon fumé d'Alaska (1 tranche) 
  • 1 yaourt au soja (100 g)
  • 1 tasse de thé vert
  • Quelques olives
  • Un peu de jus de citron sur le poisson


petit-déjeuner avec saumon, yaourt au soja et thé vert
Figure 1 : petit-déjeuner avec saumon, yaourt au soja et thé vert

Certains matin, je remplace le saumon par une tranche de truite fumée ou de jambon blanc (sans la couenne). Les olives sont parfois absentes ou remplacées par des cornichons surtout avec le jambon. Je n'ai pas encore testé les oeufs le matin, mais je pense que cela serait aussi un apport intéressant.

Pour le saumon, je me suis tourné vers le saumon rouge d'Alaska que j'ai découvert lors d'un de mes voyages à Seattle. Il s'agit du dernier saumon sauvage que l'on trouve dans nos magasins et que contrairement aux saumons d'élevage il est beaucoup moins gras, mais ne général un peu plus cher, avec une texture différente de celle que nous avons l'habitude de manger et son goût est plus prononcé, moins onctueux et sa chair plus ferme. Il semblerait néanmoins, que le saumon d'Atlantique (Norvège, Irlande, Ecosse) ait une chair plus fine que celui d'Alaska.

Qu'en est-il de ma glycémie ?

Comme, je le disais en introduction, en prenant mon petit-déjeuner continental, j'ai des augmentations glycémiques de l'ordre de 0.8 g/L. Qu'en est-il avec ce mode de déjeuner moins sucré ?

suivi glycémie petit-déjeuner avec du saumon
Figure 2 : Glycémie suite à un petit-déjeuner protéiné avec du saumon d'Alaska


suivi glycémique petit-déjeuner jambon blanc
Figure 3 : Glycémie suite à un petit-déjeuner protéiné avec du jambon blanc

Ce que nous pouvons tout de suite constater sur ces 2 profils, c'est l'absence de pic glycémique dans l'heure qui suit le repas.

Dans le cas du petit-déjeuner :

  • Avec le jambon blanc sans la couenne, ma glycémie est passée de 118 à 114 mg/dL, soit une augmentation quasi-nulle (Figure 3);
  • Avec le saumon d'Alaska, ma glycémie est passée de 109 à 138 mg/dL, soit une augmentation de 30 mg/dL environ (Figure 2).


Je ne sais pas si ma nouvelle façon de m'alimenter le matin est en accord avec ce que préconisent les nutritionnistes, ce que j'observe est une quasi-stabilité de ma glycémie ou une légère augmentation. En général, suite à un tel petit-déjeuner je n'éprouve pas de besoin particulier à "grignoter" avant le repas : certains jours cela m'arrive néanmoins. Il faudra peut-être que je complète ce petit-déjeuner avec des oeufs, des céréales, … pour éviter le creux de 10h. Il faut enfin préciser, que j'ai un travail qui ne nécessite pas un besoin calorique important.


Nous verrons prochainement que des chercheurs ont découvert en 2008 que des personnes qui prenaient régulièrement un petit-déjeuner riche en protéine d'environ 600 calories avaient perdu beaucoup plus de poids en 8 mois que celles qui n'en n'avaient consommé que 300 calories. 

J'ai presque honte de l'avouer, mais dans mon cas, mon petit-déjeuner actuel est de l'ordre de 90 calories. Il va peut être falloir que je revoie ce que je prends le matin.

30 déc. 2015

Réduire l'hyperglycémie après le petit-déjeuner en mangeant du soja / yaourt

Que manger pour son petit-déjeuner ?


La question que je me pose est toujours la même. Comment réduire l'hyperglycémie post-prandiale après mon petit-déjeuner traditionnel ? Nous avons aussi montré dans un post précédent que l'absorption de protéines du petit-lait (lactosérum) pendant le petit-déjeuner ne modifiait pas la teneur en glucose dans le sang.

Une nouvelle étude a été publiée par une équipe de chercheurs de l'université de Newcastle au Royaume-Unis en 2010, sur cette thématique dans le Journal Diabetes Care 33:2552–2554, 2010.

Contexte 

Des études précédentes ont montré une réduction considérable de l'hyperglycémie après le deuxième repas de la journée, à condition que le petit déjeuner ait été pris. Ces chercheurs ont donc émis l'hypothèse que l'hyperglycémie après le petit-déjeuner chez des sujets diabétiques de type 2 pourrait être atténuée, sans médicament, en consommant un casse-croute à faible teneur en glucides et à haute teneur protéique avant ce même petit-déjeuner.

Protocole opératoire


dix personnes diabétiques de type 2 traités par leur mode de vie (alimentation et exercice) avec ou sans Metformine ont, pendant deux jours consécutifs, pris un petit-déjeuner composé de 51g de glucides, 4.8g de matières grasses et 5.8g de protéines à 10 heure du matin. Sur une des deux journées, un casse-croûte composé de 30g de fèves de soja et de 75g d'un yaourt (à base de soja ou de lait ; ce point n'a pas été précisé dans l'article) a été proposé 2h avant le petit-déjeuner. Les changements métaboliques après le petit déjeuner ont été comparés entre les 2 jours. 


Résultats & conclusions


Les résultats ont clairement montré que la glycémie post-prandiale après le petit-déjeuner était inférieure avec la prise de yaourt et de soja. Cette étude a démontré pour la première fois que la prise d'un casse-croûte riche en protéines et faible en glucides à jeun, 2 heures avant le petit déjeuner réduisait de 40% l'augmentation post prandiale de la glycémie chez les personnes diabétiques de type 2. Les auteurs terminent en disant, qu'il est maintenant important d'optimiser à la fois la composition du casse-croûte et l'intervalle avant le petit déjeuner pour maximiser les avantages de cette approche.


Personnellement, vu que je travaille, il m'est plutôt difficile de vérifier cela au quotidien. Si vous avez testé cette méthode et que vous pouvez avoir des valeurs à nous transmettre, vous pouvez laisser un commentaire.


25 déc. 2015

Le petit-lait pour éviter le pic glycémique post-prandial

Le petit-lait indispensable au petit-déjeuner ?


Lors de mon post sur le suivi glycémique après un petit-déjeuner traditionnel, j'ai été effaré par l'augmentation de ma glycémie post-prandiale. J'ai donc commencé à rechercher des articles traitant de la question, afin de savoir s'il y avait des possibilités de réduire cette glycémie. 

J'ai lu une très belle étude scientifique faite par une équipe de chercheurs issus de plusieurs universités de Suède, composée à la fois d'endocrinologues, de nutritionnistes et de médecins. L'article date de 2005 et se trouve dans Am J Clin Nutr 2005;82:69–75.

Contexte 


Des études récentes ont montré que les protéines du petit-lait (lactosérum) permettent de stimuler la  sécrétion d'insuline et ainsi de réduire la glycémie post-prandiale sur des personnes en bonne santé. Le mécanisme responsable de ce résultat est encore inconnu ; d'après les chercheurs certains acides aminés et hormones (incrétines) présents dans le petit-lait semblent être impliqués dans ce processus. Le but de cette étude est d'évaluer si une supplémentation en protéines du petit lait lors d'un repas riche en glucides peut augmenter la sécrétion d'insuline et ainsi améliorer le contrôle glycémique des sujets diabétiques de type 2.

Protocole opératoire


Quatorze diabétiques de type 2 ont pris 4 tranches de pain blanc au petit-déjeuner ainsi qu'une purée de pommes de terre et des boulettes de viande au déjeuner. Ces deux repas à fort indice glycémique avait comme objectif d'augmenter la glycémie. Ces deux repas ont été accompagnés de protéines de petit lait le premier jour. Le deuxième jour, leur repas a été accompagné de jambon maigre et de lactose. Des prélèvements sanguins ont été effectués avant et pendant 4h après le petit-déjeuner et jusqu'à 3h après le déjeuner, afin de suivre la quantité de glucose dans le sang et le taux d'insuline.

Résultats & conclusions


Au travers des analyses de sang, les chercheurs ont montré que la sécrétion d'insuline était plus élevée lorsque des protéines de lait étaient proposées lors de repas à fort indice glycémique, avec une augmentation de 31% pour le petit-déjeuner et de 57% pour le déjeuner par rapport aux valeurs obtenues lors d'un repas de référence. Après le déjeuner, le pic de glycémie est réduit de 21% (mesurée après 2h) après avoir absorbé des protéines de petit-lait, alors qu'aucun impact n'a été observé dans le cas du petit-déjeuner.

Boire du petit-lait lors d'un repas riche en glucides permet aux personnes diabétiques de type 2 de libérer plus d'insuline et de réduire le pic glycémique post-prandial lors du déjeuner. Le moindre effet des protéines de petit-lait sur le contrôle glycémique après le petit-déjeuner pourrait s'expliquer par leur impact plus limité sur la sécrétion d'insuline et aussi parce que la résistance à l'insuline se montrerait plus importante le matin, après la période de jeûne nocturne, suggèrent les auteurs.


Si je reviens à ma recherche de départ ; il semble donc que le lactosérum ne va pas m'aider à diminuer ma glycémie postprandiale après le petit-déjeuner. Je note, que les protéines de petit-lait ont un effet sur la glycémie durant le déjeuner. Je testerais dès que j'en trouverais.

22 déc. 2015

Un petit déjeuner continental - mon premier repas de la journée

Mon petit-déjeuner traditionnel


Je fais partie des personnes qui prennent encore tous les matins un petit-déjeuner. J'avais appris que le petit déjeuner était le repas le plus important de la journée. Alors pas question de le sauter ou d'avaler une simple tasse de café. J'en profite pour être en famille et de faire le plein d'énergie pour partir du bon pied dès le matin.

Comme j'ai été habitué toute ma vie à prendre un petit-déjeuner de type continental, vous ne serez pas surpris par la composition de mon repas (Figure 1). Toutefois, avant même se savoir que j'étais diabétique, j'avais arrêté les confitures même faites maison pour une alimentation plus salée. Cela fait donc plusieurs années que je profite de :
  • 50g de baguette tradition (61g de glucides / dont 54g de sucres lents pour 100g)
  • 1 peu de beurre
  • 1 peu de "marmite"
  • 25 cl au minimum de lait demi-écrémé 
  • Un fond de café

mon petit-déjeuner traditionnel : café au lait, pain, beurre et marmite
Figure 1 : mon petit-déjeuner traditionnel : café au lait, pain, beurre et marmite

La Marmite

Peut-être que vous ne connaissez pas la "marmite" ou n'en n'avez jamais entendu parlé. Il s'agit d'une pâte à tartiner à base de levures utilisées pour la fermentation de la bière très riches en Vitamine B1. C'est également une source d'acide folique. Soit vous l'aimez soit la détestez en raison de son goût prononcé. La Figure 2, vous donne les informations nutritionnelles de la marmite.

Figure 2 : Composition de la Marmite

Que peut-on retenir sur la composition de la marmite ? 

Déposées sur mes tartines, les quantités utilisées sont faibles. Pour 4g (une dose traditionnelle), la quantité en glucides (carbohydrates) est seulement de 0.8g et on note surtout la présence de nombreuses vitamines   :

B1 (thiamine) 0.23 mg
B2 (riboflavine) 0.28 mg
B3 (PP niacine) 6.4 mg
B9 (acide folique) 100 µg
B12 (cobalamine) 0.6 µg

Je ne sais pas encore, si ces vitamines ont un intérêt particulier pour les diabétiques.

Et ma glycémie dans tout cela ?


Ce matin, j'ai donc pris mon petit-déjeuner traditionnel à 8 h 40 tel que présenté dans ce post. Dès la fin de mon repas, 15 min plus tard, j'ai décidé de scanner ma glycémie toutes les 5 minutes pour évaluer sa tendance et son point maximum (Figure 3). Je note plusieurs choses sur ce suivi : 
  • Ma glycémie à jeun est de 109 mg/dL
  • Pendant tout mon repas, ma glycémie est stable : 109, 114, 118 mg/dL
  • 20 min après le début de mon repas, ma glycémie est stable : 119 mg/dL
  • 30 min après le début de mon repas, ma glycémie grimpe : 131 mg/dL
  • Ma glycémie monte pendant 1h 05 pour atteindre : 194 mg/dL
  • Vers 11h, ma glycémie a retrouvé ses valeurs de départ : 111 mg/dL

Figure 3 : Suivi de la glycémie après un petit-déjeuner traditionnel

Conclusion

Quand j'ai vu ce suivi pour la première fois, j'ai été abasourdi de voir ma glycémie monter autant en avalant si peu : un delta de 80 mg/dL (0.8 g/L). En regardant cette courbe, j'ai eu 2 réactions :
  • Est-ce qu'une augmentation de 0.8 g/L est normal pour une personne non diabétique ?
  • Quel est l'aliment responsable d'une telle augmentation ? Le lait, le pain, le beurre, la marmite ? 

En absence de diabète, la glycémie semble passer habituellement de 0.80 g/L avant le repas à moins de 1.40 g/L, 1h30 après le début du repas. La personne non diabétique a donc en quelque sorte droit à une montée glycémique de 0.60 g/L par rapport à sa glycémie avant repas. Il serait donc logique que le diabétique ait aussi droit à une montée glycémique de 0.60 g/L. La hausse de 0.80 g/L n'est donc pas si éloignée de celle d'une personne non diabétique. Quoiqu'il en soit, j'ai très vite voulu comprendre ce qui se passait et comment maîtriser une telle glycémie. D'ici peu, je vous présenterait mes nouveaux petits-déjeuner.


Je ne sais pas si vous vous rappelez de mon diner chez Mac Do, mais nous sommes à des valeurs comparables. Que dire : dîner chez Mac Do correspond à prendre un petit déjeuner traditionnel ? Les chiffres sont là, et j'en suis toujours baba.

21 déc. 2015

Une soirée avec les enfants chez Mac Do

Un dîner chez Mac Do


Je suis peu adepte de la restauration rapide, même si occasionnellement cela peut dépanner. Je mange en général 2 à 3 fois par an chez Mac Do (encore plus rarement chez ses concurrents). Mon expérience personnelle est que j'ai encore faim lorsque je sors de chez Mac Do. Pour me rassasier il faut que je prenne plusieurs sandwichs et là le prix s'élève rapidement. Ce soir là, mes enfants ont voulu manger dehors et à l'unanimité ont désigné Mac Do. Nous voilà partis pour un repas gastronomique non loin de chez nous.

Mon repas et quelques informations nutritionnelles

J'ai donc pris ce soir là
  • Un Grand Bic Mac™
  • Un McChicken
  • Une Badoit
  • Une portion de Grandes Frites

Quand j'ai pris la commande, je ne connaissais pas les informations nutritionnelles de ce que j'avais commandé. C'est seulement le soir en rentrant chez moi, que je les ai découvertes.


Grand Bic Mac
Figure 1 : Grand Bic Mac™
Grand Bic Mac™
Pour une portion

- 59g de glucides
- dont 52g de sucre
- 827 kcal





       McChicken
      Figure 2 : McChicken
McChicken
Pour une portion

- 45g de glucides
- dont 6,4g de sucre
- 444 kcal




portion de Grandes Frites

Figure 3 : Grandes Frites
bouteille de badoit
Figure 4 : Badoit
Portion de frites

- 29g de glucides
- dont 0,3g de sucre
- 237 kcal






Soit en additionnant tous les éléments de mon dîner, j'arrive à un total de 58,7g de sucre, 133g de glucides et plus de 1500 kcal d'ingérés pour un apport journalier de référence d'environ 2000 kcal pour un homme, d'après le site de Mac Do.

Et ma glycémie dans tout cela ?

Bon en terme de glycémie, c'est quoi le résultat de tout cela ? Avant de commencer mon repas, j'ai pris ma glycémie à 21h15 : 108 mg/dL. Une glycémie que je trouve plutôt correcte. Arrivée à la maison à 21h50, je reprends une mesure et là, je voie que la flèche de tendance de mon appareil est à la hausse avec une valeur de 154 mg/dL. Bref, je décide de suivre ma glycémie jusqu'à atteindre le maximum vers 22h30 autour de 200 mg/dL (Figure 5). En analysant la quantité de sucre présente dans chaque aliment, j'aurai du éviter le Grand Bic Mac. A lui seul, il a été responsable d'un apport de plus de 90% du sucre ingéré.  En terme de glucides, le Grand Bic Mac ou le McChicken conduisent à la même quantité.

Figure 5 : Suivi de ma glycémie après un repas chez Mac Do

La conclusion de tout cela ?

Faire plaisir aux enfants : pourquoi pas, même en allant manger chez Mac Do. Mais attention à ce que je mange. La prochaine fois que j'irai manger chez Mac Do, je ferai plus attention. Je ferai un post pour comparer à celui d'aujourd'hui. Heureusement pour moi que je ne suis pas un adepte des sodas ; la Badoit a permis de ne pas augmenter encore le taux de sucre cette soirée là.

Pour préparer son repas à l'avance, leur site est très bien conçu car il permet de connaître les quantités de glucides / sucre / matière grasse de chaque aliment. Il vous donne aussi la présence d'allergènes. Je dois donc mieux préparer mon repas avant d'y aller, plutôt que de me laisser guider à l'aveugle afin de ne pas me faire surprendre par un sandwich qui contient une très grande quantité de glucides ; peut être tout simplement préférer des salades.

Ce repas m'a donc fait prendre environ 130g de glucides dont 60g de sucre, et une envolée de ma glycémie de 100 mg/dL (1g/L) 1 h 30 après le début du repas. Ce qui n'arrange pas ce résultat glycémique, c'est que le repas est avalé en 20 minutes, donc une concentration de sucres en un laps de temps très réduit. 2 h après le début de mon repas, ma glycémie est toujours de 164 mg/dL.

Enfin, ce post n'est pas non plus une incitation à manger chez Mac Do, c'est simplement une constatation de ce que j'ai vécu, avant - pendant - et après mon repas.

18 déc. 2015

Une soif intense après un repas de galettes de sarrasin

Un repas de galettes de sarrasin


Dimanche soir, repas de galettes de sarrasin à la maison. Pour maîtriser la composition de mes galettes, j'ai préparé la pâte moi-même : Pour 3 galettes, la composition était d'environ 100 g de farine de sarrasin, 3 g de gros sel, 50 cl d'eau et 1 œuf.

Ce soir là, mon repas a consisté en :

  • 1 tranche de jambon blanc sans couenne, 20 min avant le repas (j'avais un petit creux);
  • 1 galette avec 1 tranche de jambon blanc, 4-5 anchois, de la sauce tomate en tube, 2 petites tranches de brie et 2 petites tranches de fromage de chèvre, le tout saupoudré de gruyère râpé.
  • 1 galette identique à la précédente sans anchois;
  • Le tout arrosé de vin de Bordeaux (environ 20 cl) et de l'eau.

suivi de glycémie après 2 galettes de sarrasin et sa garniture
Figure 1 : suivi de glycémie après 2 galettes de sarrasin 
J'ai commencé mon dîner à 20h pour le terminer vers 20h30 avec une glycémie de 112 mg/dL. Durant cette 1/2 heure, on note une progression lente du taux de glucose, suivi d'un plateau jusqu'à 21h30, et enfin une diminution de la glycémie jusqu'à 22h15. Le résultat de ma glycémie dans les heures qui ont suivi mon dîner est visible Figure 1. Au vu de cette tendance, je me suis donc permis de prendre une dernière crêpe avec du stévia (0 calorie) à la place du sucre vers 22h15. Une dernière mesure me donne une glycémie de 95 mg/dL. Quelques mots-croisés pour me détendre et coucher vers 23h30. 

Une soif intense en pleine nuit


Je me réveille ensuite vers 1h du matin pour boire de l'eau car j'ai la bouche sèche, et encore une fois vers 2h30 du matin. A chaque fois, j'ai scanné mon capteur pour évaluer mon taux de glucose qui était plutôt élevé : 128 et 137 mg/dL. J'aimerai encore rappeler que cela fait plusieurs mois que je ne bois plus la nuit, car je n'en ressens plus le besoin. Sur la Figure 2, on observe bien cette évolution du taux de glucose, avec ensuite une diminution rapide vers 3h de matin, puis un plateau autour de 100 mg/dL jusqu'à mon réveil à 7h30 et montée lente jusqu'à 119 mg/dL avant la prise du petit déjeuner.


profil de glycémie suite à un repas composé de 2 galettes et 1 crêpe
Figure 2 : profil de glycémie suite à un repas composé de 2 galettes et 1 crêpe

En général, mon profil est plutôt inversé. Niveau faible de glycémie en début de nuit et ce, jusqu'à 3h du matin, puis montée lente jusqu'à mon réveil. Rien dans ma glycémie du soir ne laissait présager d'une telle évolution dans la nuit.

J'ai donc beaucoup de questions en suspens auxquelles je vais devoir essayer de répondre dans les semaines à venir : 
  • Alors qu'en général on observe un pic glycémique, 1h après avoir diner, ce pic n'apparait pas dans mon profil ce jour là,
  • Pourquoi un tel profil glycémique élevé - 4h après la fin de mon dîner ? est-ce lié au vin rouge ? Je sais que l'alcool conduit à des hypoglycémies, mais ici n'est-ce pas le contraire ? à l'alimentation ? à ma crêpe de 22h15 ? à des raisons externes ou physiologiques ?
  • Pourquoi une diminution brusque vers 3h du matin ?


Si vous avez des explications, n'hésitez pas à partager avec moi. Cela me permettra de savoir si je peux continuer à manger ces bonnes galettes de sarrasin le soir.